Réalités virtuelles, réalités réelles ?

 

Lille – Hub Université Catholique Internationale – Novembre 2039

 

Quel progrès dans l’enseignement depuis les années 20 ! En tant que formateur multiplateformes, multi-pays, je suis toujours étonné des approches novatrices initiées par l’UCL depuis ces deux dernières décennies. Le bon vieux temps des salles de classes avec vidéo-projecteurs est révolu.

 Aujourd’hui ce sont des plateaux et des espaces de co-working sur lesquels les étudiants de toutes nationalités peuvent se transporter de monde à monde grâce à la réalité virtuelle. Le matin, un cours donné dans une université américaine, l’après-midi dans une université à Shanghai par le biais de la réalité virtuelle.

 

Les langues n’existent plus. L’intelligence artificielle intervient en temps réel sur les traductions. On peut donc ainsi se balader avec des lunettes de réalité virtuelle sur un campus étranger sans avoir besoin de connaitre la langue locale. On peut discuter en toutes langues avec des ressortissants de tous pays sans la moindre difficulté. Les cours peuvent être suivis également en groupe de plusieurs millions de personnes réparties sur l’ensemble de la planète. La version Massive Open Online Course – des cours massifs en ligne pour tous – à la puissance 100 !

 

Les campus sont gigantesques et on se déplace avec des salons volants à quelques dizaines de centimètres du sol, les voitures ayant disparu. Le clonage par hologramme initié par Jean-Luc Mélenchon dans sa campagne politique de 2017 s’est développé au fil des décennies et un étudiant peut désormais être présent sur plusieurs lieux à la fois. L’intelligence artificielle gère dans ce cas toutes les informations importantes afin de les transmettre in fine à l’étudiant Alpha.

 

Plus de TV, plus de tablettes, plus de smartphones, tout se gère à la voix. Les supports murs, tables, sols sont connectés et délivrent les informations voulues à la moindre requête. Les lunettes VR, légères et esthétiques, contrairement à leurs ancêtres casques, peuvent compléter les informations souhaitées.

 

Les examens et les questionnaires à choix multiples ont également disparu pour l’évaluation des connaissances. Des plateaux VR sont dédiés aux études de cas en liaison avec de véritables problématiques d’entreprise. Les connaissances et leur application dans le monde réel sont donc contrôlées en permanence.  Ces ateliers VR qui remplacent les stages et l’alternance sont une obligation pour les étudiants. Au moins quatre heures par jour sur l’ensemble de l’année. Ce qui fait que l’expérience acquise pour des missions réelles en entreprise est démultipliée.

 

Mais avec toute cette modernité, l’humain et le formateur que je suis est encore bien là, auprès des étudiants. Nous délivrons toujours du savoir et du savoir-faire, mais nous sommes devenus des coaches, des accompagnateurs dans les cursus universitaires. Un peu comme les cadres en entreprises, puisque les hiérarchies n’existent plus.

 

Assurément la réalité virtuelle a transformé complètement l’enseignement supérieur. Inimaginable encore voici deux décennies, c’est vraiment une passerelle entre le réel et le virtuel !

Réalité future ou cauchemar ?

 

Mais revenons un peu sur terre suite à cet épisode futuriste et cauchemardesque. Ce qui fait la saveur de nos métiers, chercheurs et professionnels, ce sont les relations humaines avec le monde étudiant. La transmission du savoir et du savoir-faire. J’ose encore espérer que si les technologies sont bien là et montantes, l’humain restera absolument au centre de nos activités de formation. Ce qui me rassure, ce sont les MOOC, très à la mode ces dernières années et qui sont finalement un véritable échec sur le plan pédagogique. Les plateformes numériques, elles aussi, se multiplient dans les écoles, mais peu d’entre-nous s’en servent régulièrement. Ces outils doivent nous accompagner, mais ne doivent pas à long terme nous remplacer, car là, est la véritable question pour notre avenir à tous.

 

Claude Richard, professionnel de la communication et du marketing à l’Université Catholique depuis 2006.

 

Enseignant en Marketing Culture Communication 1, 2 et 3 et dans les Masters Assistant International Trilingue et Communication d’influence.