Appels à articles

Appel à proposition d’articles pour la revue universitaire de communication

Culture Com’ La revue

Coordonné par Tiphaine Zetlaoui, MCF en SIC, Université catholique de Lille

Évolutions des approches, des théories et des concepts en SIC

Face à l’important essor des productions scientifiques relevant du champ des Sciences de l’Information et de la Communication, la revue de Communication Culture Com’ de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Catholique de Lille entend, dans le cadre d’un prochain numéro, s’intéresser aux évolutions récentes des travaux de recherche menés en communication à travers leurs appareillages théoriques.

Les contributeurs s’attacheront ainsi à mettre en évidence la manière dont ils ont essayé d’œuvrer au renouvellement de certaines théories, concepts ou modèles de communication en apportant des modifications au socle référentiel de leur domaine d’étude.

Les auteurs du dossier s’interrogeront en ce sens sur leurs manières d’agir (Boure, 1997) afin d’apporter un éclairage sur la « boîte noire » de leurs pratiques de recherche (Granjon, George, 2014).

Les chercheurs seront par conséquent tenus de faire preuve de distance critique vis-à-vis des conditions de production d’un savoir qu’ils mobilisent, modifient et enrichissent.

L’éclaircissement de leur démarche consiste par travail de réflexivité, à dévoiler les rouages institutionnels en jeu dans leurs pratiques de recherche (Latour, Woolgar, 1979, Granjon, 2014).

Comment s’effectue dans ce contexte propice au renforcement d’enclos académiques (Mattelart, 1996), de paradigmes totalitaires (Gerini, 2008) et de formes d’idéalisation des pères fondateurs de la discipline (Granjon, George, 2014), le passage à une autre façon de penser ? Jusqu’à quel point est possible la mise à mal de ce qui jusqu’alors faisait le consensus des spécialistes du domaine d’étude (Kuhn, 1962) ? Comment revisiter ces approches fondatrices et en quoi la nécessité de leur re-actualisation s’impose-t-elle au chercheur ?

La légitimité institutionnelle et académique des SIC s’est construite dans un esprit de transdisciplinarité (des sciences exactes aux sciences sociales) et à la façon d’une mosaïque (Bryon-Portet, Tudor, 2011) où les approches (sémiotique, pragmatique, fonctionnaliste, cybernétique, systémique, anthropologique, déterministe…) et les écoles de pensée (Palo Alto, Chicago, Francfort, Birmingham…) sont nombreuses malgré le caractère récent de ce domaine de recherche. Or le recours à un métissage actif entre les champs du savoir où la migration conceptuelle prend parfois des allures de « cuisine théorique » (Bouillon, Bourdin, Loneux, 2007), pose un certain nombre d’écueils en termes de cohérence et de compatibilité scientifiques que les contributeurs ne manqueront pas de présenter en pointant aussi bien les zones de tension que les points d’articulation. En quoi la mobilisation de systèmes paradigmatiques et théoriques différents voire opposés issus de sciences sociales ou exactes permet-elle de saisir au plus près les enjeux et les problématiques d’un objet d’étude propre aux champs de la communication qu’elle soit médiatique, organisationnelle ou culturelle ? Pour mener à bien ce travail de réflexion épistémologique, les auteurs sont invités, en s’appuyant sur leurs recherches passées et/ou présentes, à privilégier l’un des trois axes d’orientation suivants :

Premier axe : les SIC face aux écoles de pensée : entre conciliation et étanchéité (inter)-disciplinaires

En quoi la production d’une réflexion scientifique menée en SIC peut-elle s’adosser à des écoles de pensée issues de disciplines différentes et d’horizons disciplinaires qui peuvent être contradictoires ? À quels problèmes épistémologiques le chercheur est-il confronté et comment les surmonte-t-il ? Le contributeur mettra précisément en avant les apports scientifiques de ce travail d’hybridation théorique dans l’exploration de son objet d’étude.

Second axe : des systèmes théoriques en quête de renouvellement

Jusqu’à quel point le chercheur, de surcroît lorsqu’il est novice, ose-t-il interpréter, détourner, critiquer, compléter voire renouveler un dispositif théorique qui a fait ses preuves ? À quels écueils est-il confronté ? L’auteur exposera les différentes étapes de maturation qui l’ont conduit à prendre position en mettant en évidence les contextes référentiels qui l’ont aidé dans sa démarche.

Troisième axe : l’exploration d’un terrain d’étude à la lumière d’outils et de modèles méthodologiques diversifiés et innovants

Quelles sont les limites induites par le recours à des outils et modèles d’analyse lorsqu’on explore un terrain d’étude mené en SIC ? La mobilisation de plusieurs appareillages méthodologiques est-il pertinent ? À quels risques de cohérence scientifique s’expose-t-on lorsqu’on diversifie et innove ces méthodes d’approche pour comprendre la complexité d’une réalité difficile à identifier et à saisir ?

Bibliographie

– Bouillon Jean-Luc, Bourdin Sylvie, Loneux, Catherine, « De la communication organisationnelle aux « approches communicationnelles » des organisations : glissement paradigmatique et migrations conceptuelles », Communication et organisation, n°31, 2007. http://communicationorganisation.revues.org/90.

– Boure Robert, « Les sciences de l’information et de la communication au risque de l’expertise ? Sur et sous des pratiques scientifiques », Réseaux, n° 82-83, 1997/2, p. 233-253. http://www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1997_num_15_82_3068.

– Boure Robert, « L’Histoire des sciences de l’information et de la communication (2) », Questions de communication, n°11, 2007. https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=QDC_011_0016.

– Bryon-Portet Céline, Tudor Mihaela Alexandra, Workshop International LERASS – ESSACHESS deuxième édition : épistémologie de la communication : bilan et perspectives, 2011. https://calenda.org/216796?file=1.

– Dacheux Éric. « La communication : éléments de synthèse », Communication et langages, n°141, 2004. http://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2004_num_141_1_3288.

– Gerini Christian, « La recherche d’une épistémologie des sciences est-elle pertinente ? », 16ème Congrès de la SFSIC, 2008. http://www.sfsic.org/congres_2008/spip.php?article46.

– Granjon Fabien, « La critique est-elle soluble dans les sciences de l’information et de la communication ? », in George Éric, Granjon Fabien dir., Critique, sciences sociales et communication, Mare & Martin, Paris, 2014, p. 291-355.

– Jeanneret Yves, Ollivier Bruno, «Introduction. Faire des Sic : praxis, méthodes, pratiques», Hermès, La Revue, n°38, 2004/1, p. 132. https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2004-1-p-130.htm.

– Kuhn Thomas S., La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, Paris, 1972.

– Latour Bruno, Woolgar Steve, La vie de laboratoire. La production de faits scientifiques, La Découverte, Paris, 2006.

– Mattelart Armand, « Entretien », Médiation Et Information, n° 5, 1996.

Calendrier

1er octobre 2018 : réception des propositions (2 pages maximum) évaluées en double aveugle.

Novembre 2018 : réponse aux auteurs.

Fin janvier 2019 : réception des articles 35000 signes espaces compris+ résumés en français et anglais + notice biographique (évaluation en double aveugle).

Mars 2019 : réponse définitive accompagnée des rapports de lecture pour modifications éventuelles.

Mai 2019 : réception des articles dans leur version définitive.

Juillet 2019 : mise en ligne des articles.

Contacts et envoi des propositions à Tiphaine Zetlaoui (tiphainezetlaoui@gmail.com) et Gérald Préher (gerald.preher@univ-catholille.fr)